gotlib
Marcel Gotlib autobiographique dans l'écho des savanes n°3 en avril 1973

Le titre "Grave Zone", c'était celui utilisé pour une interview de Jacques Noël dans Hello Happy Taxpayer n°9 en avril 1991 quand la librairie "Les yeux fertiles" est devenue "Un regard moderne". C'était Pakito Bolino l'interviewer et c'est lui aussi 30 ans plus tard qui m'a répondu "Vas-y" quand je lui ai parlé de rendre disponibles sur internet tous ces zines graves et graphiques qui ont existé entre 1975 et 2001 et qui continuent encore à proliférer de manière souterraine le plus souvent tirés à peu d'exemplaires alors les anciens ne sont pas toujours faciles à trouver ou ça peut être un peu cher...

J'ai aussi demandé à Christophe Petchanatz ce qu'il en pensait des archives numériques et lui aussi m'a encouragé à le faire. En plus, il n'a rien gardé de tout ce qu'il a pu produire et qui s'est égaré, éparpillé, volatilisé dans les oubliettes du temps,
qui passe et c'est souvent ce qui se passe...

La Grave Zone rassemble une bande d'énervés auto-déterminés connectés en réseau (depuis bien avant l'internet des ordinateurs) dont j'ai fait partie plus ou moins à partir de 1988 mais vers 1995 j'ai décroché pour aller voir ailleurs alors de me repointer un quart de siècle plus tard avec cette idée d'en numériser le maximum pour les mettre en ligne, j'étais pas sur que ça lui donne pas envie de me mettre des claques à Pakito, mais non, alors je suis parti pour la mise en place de l'encyclopédique du genre, ce qui devrait m'occuper pendant quelques années, en attendant de rejoindre l'au-delà des apparences...

1975 parce que c'est l'année où les Bazooka ont commencé à exister et 2001 parce que c'est l'année où Pascal Doury est décédé et aussi qu'Y5 P5 et Julie Doucet se sont arrêtés de dessiner ou un peu avant, entre autres. En 2001, j'ai eu pour la première fois un téléphone portable à moi entre les mains et une adresse email entre les dents, comme beaucoup de gens à ce moment là. 2001, l'odyssée de l'espèce dans l'espace sidérant des réseaux sociaux de l'hérésie sociale et mentale. Avant ça bougeait surtout avec la poste et c'était bien parce que pour les vieux comme moi de toutes façons avant c'était mieux.

Le 1° janvier 2002, lancement de l'euro en Europe fédérée par la monnaie c'est du concret alors le 31 décembre 2001 c'est vraiment la fin de quelque chose et le début d'autre chose le lendemain mais pour ceux qui étaient là avant et qui ont continué après et qui continent encore jusqu'à aujourd'hui, ça n'a rien changé en vrai alors ça dépasse de la date indiquée ici comme ailleurs et de l'autre côté aussi, avant 1975, les prémisses, les précurseurs, les anticipateurs, dans tous les domaines de la pop culture et encore avant dans l'histoire de l'art et de la littérature avant tout ça qui déborde aussi de partout.

Mode d'emploi (de la base de données)

Cet espace numérique a donc vocation à rassembler, comme un annuaire à l'ancienne, des listes d'auteurs, d'éditeurs et de revues auxquelles on accède en cliquant sur le bouton VLUG (Véritable Listing Utilitaire et Générationnel) qui se trouve en permanence en haut à droite de la page, à gauche de BLAG.

Ensuite, il faut cliquer sur "Auteur-es", "Editeurs" ou "Revues" pour accéder à l'une de ces 3 listes. Ensuite encore cliquer sur les noms pour accéder aux fiches, qui le plus souvent sont incomplètes, à compléter au fil du temps qui passe trop vite
et tout le monde peut y participer. (Contact)

Pour accéder à la base de données, il est aussi possible d'utiliser le moteur de recherche, tout en haut au centre de la page et y taper au moins 3 lettres (pas nécessairement les 3 premières) pour que des noms d'auteur-es, d'éditeurs ou de revues apparaissent. C'est moderne et ça marche plutôt pas mal sauf si on tape "Le dernier cri" plutôt que "Dernier Cri" parce que le moteur de recherche ne trouve pas ou il a du mal mais en tapant "Dern" ou "Cri", là il le trouve tout de suite des trucs mais pas nécessairement le bon en premier non plus...

Quoi qu'il en soit, le moteur de recherche est l'accès le plus direct et le plus rapide,
si l'on sait ce que l'on cherche et quoi taper dedans...

En cliquant sur "Alphabétique", tout en haut de la colonne de gauche, (une fois entré dans l'une des 3 pages VLUG), les noms ou les titres se rangent par ordre alphabétique mais seulement la première lettre de chaque mot parce qu'à partir de la 2° lettre, ça fait un peu n'importe quoi à cause d'un problème que les concepteurs et développeurs de cet outil n'ont pas encore réussi à résoudre mais j'espère qu'un jour ça se rangera par ordre alphabétique normalisé, Ba avant Bo, ce qui pour le moment n'est pas le cas.

En cliquant sur "Chronologique", tout en haut de la colonne de droite, ça se range normal du plus ancien au plus récent mais qui ne dépassera jamais 2001 parce que c'est comme ça mais ceux et celles qui ont commencé avant cette date ont droit aussi à l'inventaire de ce qu'ils ou elles ont fait depuis, mais pas systématiquement ou pas encore et peut-être qu'un jour ça viendra et qui vivra verra, tout ça...

A droite de VLUG tout en haut de la page, il y a aussi un onglet BLAG (Bizarreries Littéraires et Artistiques Garanties) qui reprend les mêmes listes d'Auteur-es / Editeurs / Revues mais rangées et classées de manières différentes et il faut cliquer sur Chronologique ou Cosmique mais une fois sur les pages, il manque les liens pour accéder aux fiches et ce n'est pas à jour qui le sera prochainement ou plus tard parce que c'est en évolution permanente qui n'a commencé à exister qu'au début du mois de janvier 2022 et qui sera en mouvement perpétuel au fil du temps pendant longtemps, minimum 5 ans avant de commencer à se dire que ce sera bientôt fini...

Et aussi, un onglet "Pratique", qui aborde les questions d'ordre pratique de l'arrière cuisine pour ceux et celles que ça intéresse d'en savoir plus sur le comment du pourquoi et une dernière pour
les Questions esthétiques mais qui n'apporte pas vraiment de réponse concrète
mais qui tente de faire le tour de la question quand même...

Concernant les fiches des auteurs, déjà répertorier les publications personnelles mais le propre (plus ou moins) de l'édition underground c'est d'être connecté en réseau avec toutes sortes de publications collectives et tous genres, pour lesquelles chaque auteur a construit son propre réseau,
qui en recoupent d'autres et qui forment tous ensemble une galaxie aux contours incertains
et dont il est ici question de faire l'inventaire le plus minutieux possible.

Par exemple Y5 P5, qui signe la page d'accueil avec un dessin de 1992, annoncé décédé début 2022 mais ce n'était pas vrai, a participé à quelques dizaines ou centaines de publications diverses et variées, dont il sera ici question de rassembler le maximum jusqu'à la totalité, à l'image d'un puzzle géant à reconstituer. Pour le moment , quelques fragments éparpillés parmi les listes d'éditeurs et des revues qui seront réunies sur sa page lorsqu'il y en aura suffisamment... C'est en cours.

Sur les pages des Auteur-es, des Editeurs et des Revues, apparaissent des petites vignettes qui sont autant de publications. Le titre de la publication apparait lorsque la souris survole chaque vignette et il faut cliquer dessus pour ouvrir la fiche qui précise le nom de l'auteur-es, de l'éditeur, les dimensions, le type d'impression, le nombre de pages, le tirage quand c'est indiqué mais aussi et surtout si cette publication a déjà été numérisée ou pas alors il y a encore plein de trous partout et c'est normal parce que ça ne peut pas à la fois être fait et en train de se faire.

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Lorsqu'un demi-cercle rouge apparait sur l'image, (comme ci-contre), c'est que le document n'est pas encore numérisé et qu'il est en attente de l'être un jour ou l'autre si quelqu'un qui le possède accepte qu'il le soit, s'il a le temps ou l'envie. Sur le principe, ce n'est pas plus compliqué que ça mais qui pose quand même quelques questions métaphysiques concernant les droits de diffusion pour lesquels chaque auteur doit donner son autorisation et préciser sous quelles conditions,
qui pourront être différentes selon le point de vue de chacun.

Mais pour le moment, l'outil pour la lecture des documents n'ayant pas encore été développé, ça reste à l'état de réflexion mais c'est quand même l'objectif principal, de mettre ici en ligne les documents dans leur intégralité avec toutes les pages, gratuitement ou pas...

Lorsque la vignette est vide avec des points d'exclamation et d'interrogation, c'est que le titre existe quelquepart mais que l'image de couverture qui correspond n'a pas encore été trouvée nulle part ou que c'est en attente d'y aller un jour, là où la présence de ce document a pu être établie.

Donc déjà compléter les listes d'Auteur-es, d'Editeurs et de Revues, et continuer à accumuler les numérisations avant de rédiger les petits commentaires qui n'y sont pas encore non plus
mais que c'est prévu pour ça le soit, un jour...

Quand la vignette est verte, à gauche, c'est parce que c'est en ligne quelquepart et qu'il y a un lien pour y accéder. Pour le moment du présent d'aujourd'hui 15 juillet 2022, surtout du Comics/Comix américain de la côte ouest qui débute à la fin des années 60 avec Shelton, Crumb et S Clay Wilson en première ligne et toute une série d'auteurs et de titres chez divers éditeurs qui multiplient les publications, collectives le plus souvent: Bijou Funnies, Yellow Dog, Bogeyman Comics, Gothic Blimp Works, San Francisco Comic Book, Air Pirate Funnies, Young Lust, Wimmen's Comix... Ca commence à pulluler à partir du début des années 70 et c'est en ligne sur Read Comic Online qui est une énorme base de données possiblement pirate rangée par thèmatiques n'importe comment mais qui m'a permis de découvrir toute une production que je connaissais pas
ou très peu, et de constater que ce sont les thèmes abordés qui sont trangressifs,
sexe, drogue et rock'n roll, mais graphiquement, ça reste très classique standardisé, très loin
de l'esprit du graphzine et de l'inventivité visuelle et de l'originlité stylistique qui va avec,
mis à part Moscoso et Griffin qui passeront d'ailleurs vite à autre chose
(affiches de concerts, pochettes d'albums et publicité)

il faudra attendre le début des années 80 avec le Raw de Spiegelman, sur un grand format,
avec Mark Beyer, Gary Panter et Charles Burns notamment pour que les styles graphiques soient à l'honneur dans une revue US et pour ce faire, de nombreux auteurs européens y seront invités: Swarte et Ever Meulen pour les Pays-Bas, Mariscal, Munoz et Sampayo pour l'espagne, Mattotti pour l'Italie mais ce sont les auteurs français qui y sont les plus nombreux: Masse, Doury et Richard, Caro, Kiki Picasso, Tardi, Baru dans la première série de 1981 à 1986 alors vive la France, pays de la décadence.
C'est la bonne ambiance, graphique et esthètique.
(Voir Crumb et Shelton qui bouclent la french touche-pipi...)

Une centaine de n° d'Hara Kiri à partir de 1970 sont en ligne sur 1001mags, avec du Bazooka, Bruno Richard, Placid et Muzo, Rémi sur la fin pour les principaux représentants de la graphzone de la 1° génération + Willem, Reiser, Gébé, Fred pour les grands anciens qui y sont depuis le début des 60's... et aussi quelques Pilote des années 70 sur 1001mags, dans lesquels on retrouve les mêmes sans Willem, avec Gotlib, Moebius, Druillet, Solé et bien d'autres, mais la fiche Pilote n'est pas faite encore.

La plupart des Model Peltex sont visibles sur Calaméo, du Tuyau Quotidien sur Tape-mag qui est un site d'archives en provenance d'Allemagne ou d'Europe du nord, qui compile surtout de la production audio sur cassettes mais aussi de la small press DIY. Oracle revue psychée de San Francisco en 66-67, quleques n° sur Archive.org et aussi du Petchanatz - Los Paranos - Deleted - Klimperei, plein!

Du Elles Sont De Sortie, Dernier Cri et CBO sur Digital.bib, qui est un serveur high-tech commun à plusieurs musées et bibilothèques en Allemagne, dont le Zentral Institute (de l'histoire de l'art) à Munich fait partie, qui conserve une collection de 5000 graphzines dans l'état actuel dont Bazooka dans Libération à la fin des 70's qui sont en ligne aussi mais les liens pas encore mais bientôt...
Belle matière à apprécier sur un grand écran ou avec un écran tactile.

J'y suis resté quelques jours au mois de mars pour y numériser du Y5 P5, du Patalo/Allemane, du Dernier Cri, Sortie du Zine, Lune Produck, La Pomme De Discorde, S2 l'art, Réciproquement, parce que ce sont ceux de ma génération qu j'ai plus ou moins fréquenté dans la 1° partie des 90's, et aussi la série complète des Poqo éditée par Philippe Billé en 1986-87 que je ne connaissais pas du tout, et d'autres choses encore qui ne sont pas à la Fanzinothèque de Poitiers qui en a beaucoup aussi et celle de Bruxelles un peu, alors il en reste donc encore beaucoup à réunir de toute cette matière obscure éditée de 1975 à 2001 et c'est tant mieux parce que si c'était trop rapide après faudrait que je trouve autre chose à m'abrutir dessus...

Bon, ça fait de la lecture pour pas grand chose tout ça mais personne n'est obligé de lire jusqu'au bout d'autant plus que l'essentiel se passe en haut de la page avec les entrées VLUG et BLAG qui sont labyrinthiques pour s'y perdre par principe mais quand même bien rangées classées faciles à retrouver une fois que l'on a compris le principe, en principe. Mais j'aime bien faire des phrases pour rien alors à partir de là et jusque tout en bas, des considérations anecdotiques et sans fin qui tournent autour de savoir pourquoi les choses de l'underground m'intéressent plus qu'autre chose en ce bas-monde, ce qui me semble tout autant personnel que générationnel et parce que que j'aime bien entretenir quelques poux sur ma tête et des furoncles à gratter sur ma peau pour faire couler un peu de pus qui pue
et comme les chiens, le plaisir de se rouler dans la merde, sûrement...

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Porn wars (la guerre du porno)

Wait a minute!
Maybe I could make a good rock-star, I don't know
Comics, comics, comics daddy!

Zappa ou la caricature en musique. Développer le monstre en soi, mettre le chaos en avant, la base de la base de l'esprit de l'underground de la provoc et de la grosse rigolade, du comique au tragique de la trilogie sexe, drogue et rock'n roll.

L'esprit éclaté, les freaks, les voix aigues outrées perchées vrillées l'ambiance cartoon comics bien gras, les gros mots, les titis et la bière et les gros minet, les grosses voix très graves de Zappa et Beefheart, le sexe omniprésent dans les drôles de paroles, l'humour trash, grinçant satirique surréaliste psychédélique, les pieds qui puent, la dimension du pénis, le sofa qui plane, Terry Bozzio en slip qui promet de ne pas éjaculer dans la bouche de Punky Meadows, les français qui pissent dans la rue, Sheik Yerbouti / bouge ton cul mon album préféré, enfin, le premier qui m'ait accroché en 79 j'en avais 16 et même si je ne comprenais pas tout quand même le sens de la parodie et du second degré Bobby Brown le misérable fils de pute qui sent la vaseline de l'american dream, le gros nez de la princesse juive, les sketches délirants, les personnages grotesques, l'énergie débordante, I'm so cute un des rares morceaux peut-être le seul qui m'ait donné envie de pogoter grimper aux murs yeah yeah yeah No no no l'urgence et puis les solos furieux qui s'enroulent et qui déroulent, puis la découverte d'autres albums petit à petit le rat chaud Willy the pimp Beefheart le groove la folie du Bongo en furie l'homme gâteau sorti du laboratoire de recherche je ne m'en suis toujours pas lassé bientôt 30 ans qu'il est mort et ça résiste encore et il en sort toujours de toutes les périodes dans tous les styles des heures et des heures sur Youtube, the océan is the ultimate solution... Zappa incarnation du Do it yourself les albums, les films, les concerts, les tournées, toujours en mouvement, la production pléthorique jamais se répêter trop longtemps suivre sa route toujours ailleurs jamais pareil et qui le fait comme personne d'un bout à l'autre, plus que tout autre Zappa comme référence absolument nécessaire à tout dans la dérision et l'enchantement permanent dans le prolongement de Tex Avery et de Spike Jones, contemporain des Monty Pyton et de Robert Crumb les sixties en rut j'étais trop jeune pour me rendre compte de la chance d'être apparu la même année que le 1° album des Beatles et d'avoir grandi avec eux, sans vraiment m'en rendre compte avant l'âge de 15 ans, de l'importance de la pop et de la contre culture, pour moi et toute une génération avec.

Avant ça RTL toute la journée et le soir la même variété qui passait à la télé, Cloclo et surtout les gambettes des clodettes qui m'interpellaient, Mike Brant, Gérard Lenormand, Frédéric François, Dalida, Johnny et sylvie, Michel Fugain et des tas d'autres qui poussaient la chansonnette en français et que j'apprécie aussi et encore maintenant toutes ces petites rengaines comme des petites madeleines incrustées dans un coin de mon cerveau mais celui qui m'a le plus marqué et auquel je reste très attaché parce que c'était mon premier concert dans le bled où j'ai grandi, et que même si j'ai vu des centaines de concerts depuis, ça reste le plus épique et le plus chaotique l'ambiance le bordel dans la salle
et sur la scène c'était Michel Sardou.

La maladie d'amour le tube de l'année qui passait en boucle 150 fois par jour sur les radios alors dans la salle polyvalente où il est passé, il y avait la foule, certainemennt 2 ou 3 fois trop de monde par rapport aux normes de sécurité d'aujourd'hui c'était bien tassé et ça se bousculait de partout alors les pompiers ont passé la soirée à évacuer ceux et celles qui s'évanouissaient écrasés contre les barrières devant et à l'arrière les gens qui grimpaient sur les tables à plusieurs pour mieux y voir puis sur des chaises posées sur les tables pour essayer de mieux y voir encore plus et qui finissait par s'écrouler avec tout le monde dessus, ça m'a beaucoup plu d'assister à ça et ça reste donc le plus beau concert de ma vie,
en tous cas c'était le premier et c'était le joyeux chaos.

L'année suivante c'est Patrick Juvet qui a été programmé au même endroit mais il a passé trop d'heures à se maquiller à l'hotel genre Ziggy ou Dalida. Arrivé sur scène il n'y avait pas de musiciens juste une bande son à la con alors le concert a été annulé avant de commencer parce que Patrick était bien parti pour se faire lyncher, au moins le goudron et les plumes, par les paysans du coin qui n'aimaient pas les pédés mais mon père pas paysan du tout en faisait partie des abrutis pas contents, possiblement qu'il était même le chef des rebelles. Finalement c'est un groupe local qui est monté sur scène pour jouer de l'accordéon.

Solé, Gotlib et Dister, "Pop, rock et colegram".

C'est dans ces années là, le début des 70's, que mon frère ainé a commencé à écouter les Beatles (les compiles doubles, rouge et bleu sorties en 1973) alors ça a été la guerre permanente à la maison entre lui et mon père qui trouvait que c'était de la musique de singe et de drogués qu'on ne comprend rien de ce qu'ils racontent dans leurs chansons... Il tenait là la preuve ultime qu'il avait engendré un être totalement dégénéré, une sorte de débile profond définitif, ce qu'il soupçonnait déjà avant mais là le doute n'était plus permis et de mon côté prendre conscience assez rapidement que mon père était tout simplement un abrutide première catégorie.

Heureusement, il a commencé à être très malade de partout à ce moment là, vers 73-74, souvent à l'hôpital et tout gazé entre 2 opérations avant de disparaitre en 1977 comme un vrai punk, le jour de l'enterrement mon frère avait le sourire jusqu'aux oreilles pendant les condoléances c'était le plus beau jour de sa vie et j'étais assez content aussi. En plus, travaillant dans une banque, il avait eu le temps de souscrire une assurance-vie qui m'a permis d'aller voir des tas de concerts et d'acheter des disques, des livres et des bandes dessinées en grandes quantités et de casser des voitures pas mal pendant quelques années alors merci papa mais mon frère ainé est mort a son tour en 1982, le 1° avril, alors j'ai encore hérité un bout.

A défaut de savoir ce que je voulais faire de ma vie au moins ne pas ressembler à mon père et tous ses clones en plastic standardisés, aimer tout et son contraire à priori, la pop anglo-saxonne et la variété française, les trucs pointus branchés et les pires nanards ringards et populaires, tous les machins bizarres, toutes les histoires dans les livres avec ou sans images dans ma tête le carnage et quand j'entrais quelquepart les gens me disaient souvent bonjour mademoiselle au moins jusqu'en 1986 parce que cette année là j'ai fait mon service militaire pendant 10 jours seulement dès le premier jour la coupe réglementaire pour tout le monde après je n'ai plus jamais eu les cheveux longs mais il y en a encore qui ont continué à m'apeller mademoiselle puis madame quand même des fois, mais bon... I want to be a woman ma blague absurde préférée tirée de la vie de Brian c'est tendance maintenant de changer de sexe en cours de route mais à l'époque ça ne se faisait pas trop sauf Amanda Lear et Sheila mais c'était pas sur non plus, en fait on ne saura jamais.

Ma pemière sortie à Paris avec ma mère qui m'accompagnait c'était en 79 ou 80 pour voir Motorhead au Bataclan c'était bien bruyant alors le lendemain j'en avais encore les oreilles qui sifflaient et le soir il y avait les Ramones au Palace c'était complet mais quand même très bien le spectacle dans la rue devant la salle des camionnettes de flics qui se relayaient pour évacuer les punks en trop avec leurs looks pas possibles, c'était la pemière fois que j'en voyais tout un troupeau en vrai et c'était bien le chaos de partout, pas autant que pour Sardou quelques années plus tôt mais quand même pas mal du tout.

Pornographie et autobiographie.

Longtemps j'ai imaginé que je pourrais faire une encyclopédie de la reprise en français de tous les succès anglo-saxons, il en existe des quantités plutôt obscures, rien qu'en Beatles j'en ai des dizaines, les québecquois étaient à la pointe dans les sixties sur le sujet ou alors sur le sujet de la masturbation compiler les évocations dans les chansons ou dans les livres, Dali tout jeune illuminé scato en a fait de belles pages en marge de ses peintures et de ses dessins dans les années 30 et même tout au long de sa vie il aimait bien en parler, même que Catherine Millet en a fait tout un livre qui tourne autour (Dali et moi) que ça fait 3 fois que je le rachète tellement j'aime ça je l'offre de temps en temps à des gens qui s'en foutent mais c'est pas grave, ça me fait plaisir quand même, de militer un peu pour la masturbation... En chanson il y a surtout Il était une fois et les draps qui s'en souviennent mais c'est peut-être davantage un problème de pollution nocturne, ça dépend si on imagine qu'il rêve éveillé ou s'il était endormi profond mais peu importe. Sur le sujet Michel Sardou a été beaucoup plus direct avec le surveillant général, un peu éfféminé, bien sur le dos les bras croisés, des fois qu'il aurait des idées le Michel quand il était petit, il se faisait plaisir, il se faisait dormir, c'est quand même plus direct, frontal, dans une bonne ambiance émotionnellement dramatique comme Michel savait si bien les faire, en ce temps là... qui te met un peu mal à l'aise et c'est quand même bizarre d'avoir réussi à faire un tube avec ça, en 1972 ça passait à la radio souvent et ça me faisait bien de l'effet...

Mais il n'y a pas que le sexe dans la masturbation. D'après Dali repris par Catherine Millet, c'est surtout une question d'ordre mental, un principe d'activation de l'imagination à faire travailler comme n'importe quel muscle et de ce point de vue je pense que tous les littérateurs sont avant tout de grands masturbateurs. Et il doit en être de même pour les dessinateurs, le besoin frénétique et répétitif du travail longue durée sans autre finalité que de s'y coller toute la journée pendant des années alors que celui ou celle qui n'a pas cette pratique est convaincu(e) que le bonheur sur terre est de pouvoir rester à ne rien branler, justement, mais je ne suis pas d'accord..

Grave : Qui est d'une grande importance en soi ; sérieux.
Qui est critique, dramatique.
Dictionnaire Larousse en ligne